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Issegh rend hommage à Slimane Azem, le poête de l'exil
Écrit par Administrator   
Mercredi, 06 Août 2008 04:35
L’association Issegh a rendu un vibrant hommage au poète de l’exil est au chantre de la “kabylité” à l’occasion du 20e anniversaire de la mort de Slimane Azem. Exposition sur la vie et l’œuvre de celui qui est considéré tout à la fois comme symbole de l’exil, au sens politique, et de l’exilé au sens de l’émigré, témoignages, conférence et gala étaient les principales activités concoctées par l’association organisatrice qui ont permis à de nombreux visiteurs, de passage par le hall de la Maison de la culture, de prendre connaissance de toute l’œuvre de celui qui aura marqué le XXe siècle, dans la chanson et la poésie kabyles.

Si cette manifestation a été prévue comme un acte contre l’oubli et un hommage à la mémoire collective et aux maîtres penseurs des siècles derniers, à l’image par exemple de Si Muhend, dont les ressemblances sur le plan “thématique” sont évidentes, — Slimane Azem a représenté pour la société kabyle durant le siècle dernier, ce que Si Muhend fut pour le XIXe siècle —, c'est trois journées organisées pour Slimane Azem sont, en revanche, une prise de conscience, un acte d’engagement de tous ceux qui se battent pour qu’un jour les cendres du chantre bien gardées au cimetière de Moissac (Tarn et Garonne, France) soient ramenées sur la terre de ses ancêtres. La sage parole populaire et la dérision ont émaillé le style de Slimane Ath Waâli (son nom kabyle). Son penchant pour la dérision va jusqu’à produire des sketchs enveloppés de chansons en compagnie d’un autre monument de la culture algérienne, Cheikh Noureddine. A muh a muh, hymne à l’émigration, fut l’un de ses tout premiers succès sorti dès le début des années 1940. Il aura servi de prélude à un vaste répertoire, un “champ” de poèmes, qui s’étend sur près d’un demi-siècle. Ses chants sont à l’image de la société qu’il traduit suivant l’ouvrage paru en 1979 ( Azem-S-Izlan, textes berbères et français- Numidie Music-Paris), son répertoire se compose de soixante-dix chansons, dont plus de la moitié sont consacrées au renversement des valeurs, avec des titres assez évocateurs, Llah ghaleb, kulic yeqleb, terwi tebberwi..., ou d’autres consacrent les intérêts matériels, l’argent, l’égoïsme au détriment de “nnif”(la dignité), de “tagmat” (la fraternité). Des valeurs traditionnelles que Slimane Azem défend avec parfois la bénédiction de Dieu, bien que la dimension religieuse présente certes dans ses textes n’est pas dominante. Pour toute une génération de Kabyles, Slimane reste par-dessous tout celui qui a “fait parler” les animaux, Tlata yejen(les 3 chiens), Babaghayou (le perroquet), des critiques politiques acerbes mais à peine voilée, le poète de l'exil, Aghrib Deberrani, pour marquer à la fin sa fidélité au caractère constestataire de la chanson kabyle, comme il l’a si bien dit dans l’une de ses dernières chansons avant sa mort, Ghef tagbaylit yuli was, (sur le kabyle se lève le jour)...
J. L. Hassani

Mis à jour ( Mardi, 25 Novembre 2008 03:17 )
 
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